Accueil » Soins et santé » Elevage » Nos chers Retraités » Aider son cheval à bien vieillir….
Pénélope , 27 ans

Aider son cheval à bien vieillir….

Les statistiques disent que la longévité du cheval est de 22 à 25 ans. La race, l’environnement, l’usure sportive et son mode de vie jouent un rôle important. Les facteurs principaux pour une longue vie dépendent de la combinaison des gènes, la chance et du style de vie. Nous ne pouvons pas changer ni ses origines, ni la chance, mais ses conditions de vie journalières sont à la portée de nos possibilités. Aujourd’hui la plupart des chevaux vivent très bien. Les soins vétérinaires et l’évolution des techniques sont qualitativement à la hausse, en plus le fait que le cheval est plus ou moins traité comme animal de compagnie, a fait changer pas mal de choses. Le propriétaire dans le temps présent fait beaucoup plus attention au bien-être de son compagnon, même si le cheval âgé n’est plus « utile ». Vous vous demandez peut-être si vous pouvez aider votre cheval à devenir et/ou vivre son troisième âge heureux? La réponse est : OUI! En surveillant 218 chevaux (et leurs propriétaires) âgés de plus de 20 ans pendant une dizaine d’années, les chercheurs ont trouvé que ce sont les coliques, suivies par des maladies comme l’arthrose et les infections respiratoires qui sont les plus grands « malfaiteurs « pour la santé d’un cheval âgé.

Qu’est ce que nous pouvons faire en particulier? Comme dans la santé humaine, il n’y a pas de garantie, mais la gestion et la surveillance de certains points peuvent aider à éviter le gros des maladies d’un cheval âgé. Comme nos compagnons sont des êtres individuels, il est difficile de généraliser, il faut voir chaque cheval et les soins nécessaires en particulier. Par contre il y a des points spécifiques et importants à respecter, s’il faut aider le cheval à rester en bonne santé sur son chemin de retraite….

 faire attention et prendre soin des dents

Des problèmes dentaires provoquent pas mal de problèmes. Pouvoir mâcher la nourriture sans problèmes est un « must » pour le cheval. Autrement, la perte de poids ou même des coliques ont un terrain libre pour jouer. Si on veut garder un cheval en bonne santé, il faut soigner les dents en toute première ligne. Un cheval use ses dents continuellement jour après jour. A l’âge de 20 ans la longueur des dents a diminué de (à peu près) 3 cm. Sachant que la longueur disponible est d’environ 5 cm, cela nous montre l’importance des soins. Le mouvement des mâchoires influencé par la diversité de la nourriture (herbe, foin, grains, etc) use les dents pas toujours de la même façon sur toute la dentition. Cela provoque des endroits pointus à la surface des dents, qui font mal et, en conséquence, font que les molaires ne sont plus alignées droit. Un facteur qui fait mal quand le cheval mâche ou dans un cas extrême rend la mastication carrément impossible. Une mastication pauvre résulte donc à augmenter le risque d’une colique, provoquée par des morceaux trop grand qui arrivent dans la digestion du cheval. La digestion des chevaux n’est pas faite pour les grands morceaux. Il est ainsi donc possible que le cheval âgé n’arrive plus à réduire le foin en petit morceaux et il ne peut plus avaler. La première chose à regarder, si un cheval (surtout d’un certain âge) perd du poids, sont les dents. Le soin des dents de nos chevaux ne demande pas grand chose. Un check-up une fois par an, avec limage des molaires suffit largement. Il est très important de garder le rythme annuel, pour éviter qu’une « réparation » de la bouche s’avère impossible et donc irrécupérable.

faire attention aux parasites

La santé d’un cheval âgé est très influencée par les soins dans sa jeunesse. Les vermifuges de nos jours sont beaucoup plus efficaces qu’à l’époque, un élément qui rallonge la vie de nos chevaux. L’endommagement du tractus digestif du cheval pendant de longues années peut entraîner la mort du cheval. Il est important de savoir qu’une fois que les endommagements ont abîmé les organes, c’est irréparable. Malheureusement, cette nouvelle efficacité des vermifuges laisse beaucoup de proprios oublier l’importance d’un vermifuge régulier et ainsi de rester vigilants contre les différents parasites. La régularité du vermifuge du cheval est importante à chaque âge, mais devient éminente sur les vieux chevaux. L’endommagement provoqué par des parasites intestinaux ne finit pas forcément en colique, mais il fragilise le système nutritif et immunitaire et joue ainsi un rôle dans les fonctions corporelles de base du cheval et cela sans se faire voir.

Quel vermifuge pour quel cheval dépend de différents éléments. L’endroit où il est gardé, sa vie quotidienne avec d’autres animaux, et surtout de votre gestion de la gadoue et de son enlèvement. C’est votre véto qui sait vous renseigner le mieux et ainsi établir un planning pour le vermifuge de votre cheval avec vous, un planning qui sera adapté à votre cheval et à ses besoins. Si vous doutez de l’efficacité du programme, l’analyse des crottins une ou deux fois par an est à conseiller.

la bonne nourriture

Une bonne herbe ou foin, enrichi(e) de vitamines et minéraux pour combler les besoins quotidiens est la base de la santé de notre cheval. C’est le facteur le plus important dans la préparation du système digestif et/ou immunitaire de nos compagnons. Un cheval bien nourri toute sa vie sera aussi un cheval en meilleure santé, qu’un cheval constamment mal nourri, une fois âgé. Le besoin nutritif de votre cheval, peu importe son âge, est très dépendant de son style de vie. Les jeunes chevaux, en pleine croissance ont besoin de plus de vitamines, minéraux et protéines que des animaux adultes et les athlètes sportifs doivent trouver de l’énergie en paquet dans leur ration quotidienne. Heureusement aujourd’hui la tâche n’est pas si difficile à remplir. De la bonne herbe ou foin de bonne qualité sont déjà la nourriture principale et couvrent ainsi le besoin d’un cheval « normal ». Au cas où il a besoin d’une alimentation spécialisée, le marché propose des mets pour chaque situation ou nécessité nutritive. Les offres sont tellement variées qu’il est facile de trouver les grains ou le supplément qu’il faut spécialement pour votre cheval. Si le cheval n’a aucun problème pour rester en forme, avec un poids stable, cela vous indique que votre chemin, point de vue alimentation, est le bon. Mais prenez note, plus votre cheval devient vieux, plus ses habitudes nutritives changent. Un cheval âgé qui a des problèmes à avaler le foin, trouve peut-être un remplaçant dans la pulpe de betterave ou les « mashs » pas très énergétiques. Partout vous trouvez aussi les flocons spéciaux « senior ». Bref, si votre vieux cheval n’a pas de problèmes de santé spécifiques, comme par exemple arthrose, boiterie naviculaire ou troubles respiratoires, il n’y a pas de difficultés pour le nourrir à ses besoins et de trouver le produit.

Merci pour eux……. Retraite pour Chevaux en Normandie

augmenter son temps de pâturer

Le simple fait de laisser son cheval en prairie et à l’extérieur le plus longtemps possible est déjà une garantie pour sa santé. Pâturer 24 heures par jour est le mode de vie par excellence, pour chaque cheval, peu importe son âge. Seulement parce que le cheval est vieux n’est pas une raison en plus de l’enfermer dans un boxe. La vie en extérieur est une manière préventive pour la santé du cheval et évite beaucoup de problèmes qui peuvent justement attaquer des chevaux du troisième âge. Cette possibilité d’avoir de l’espace pour ses mouvements en toute tranquillité est une astuce pour le vieux cheval de garder la forme, faire travailler ses muscles et soutenir l’élasticité des articulations et des tendons. Il est important de faire bouger le cheval âgé. C’est une erreur qui arrive souvent qu’une fois que le cheval n’est plus capable de faire du sport, le proprio décide de le laisser carrément tranquille, sans penser à l’importance du mouvement pour le cheval. Un cheval âgé qui ne se déplace plus, il faut même le prendre à la longe pour faire des petites balades dans la possibilité de ses capacités une ou deux fois par jour. Bien sûr que le vieux cheval n’a pas besoin d’être travaillé de manière intensive, il faut seulement s’assurer qu’il bouge à son rythme pour garder de la force et une bonne condition physique. Le temps dehors pour le cheval aide aussi à combattre les maladies respiratoires. Un box dans l’écurie, peu importe la taille et la propreté, n’est pas comparable avec la vie sur une prairie. Dans la nature du cheval le fait de pâturer toute la journée est normal et pour un cheval âgé, c’est encore plus fondamental. Votre attention pour le cheval âgé doit aussi se pointer vers l’attitude et la hiérarchie dans le troupeau. Souvent il arrive que le vieux cheval se trouve petit à petit en bas de l’échelle hiérarchique. Dans ce cas c’est à vous de surveiller qu’il ait toujours accès aux minéraux et autres suppléments qui lui sont offerts. Lui fournir des aimables compagnons sympa est un autre moyen de le faire se sentir confortable.

pas de pieds ……

Un point qui n’est pas négligeable, c’est les rendez-vous réguliers du maréchal-ferrant. Le fait que votre cheval ne peut plus travailler, n’empêche pas les soins de ses sabots. Pour certains de nos retraités il est même indispensable de les ferrer, par malchance, de plus avec une ferrure spécialement adaptée.

établir une surveillance vétérinaire régulière

N’appelez pas votre vétérinaire qu’en cas d’urgence. Une surveillance régulière, des vaccins et le check-up au moins une fois par an sont un « must ». Il est naturellement plus facile pour un véto d’examiner un cheval qu’il voit tous les ans au moins une ou deux fois, que de faire son diagnostic sur une maladie éventuelle chez un cheval qu’il n’a jamais vu et dont il n’a pas pu suivre le développement. N’hésitez pas à vous faire une liste avec les questions ou observations sur votre cheval, pour parler avec le véto. Ce serait une communication utile et va aider à renforcer la compréhension des deux côtés pour les problèmes de l’autre.

L’importance des soins d’un cheval âgé devient plus important avec chaque année de sa vie. L’âge laisse des traces, la guérison d’un petite malaise devient plus difficile d’année en année. Soyez vigilants sur les signes de faiblesse, prenez le temps de faire les efforts nécessaires, et profitez ensemble avec votre cheval de chaque année que votre compagnon passe avec vous en bonne santé.

Votre cheval ne sait probablement pas dire merci, mais un regard dans ses yeux plein de tendresse vous récompense pour chaque action et chaque goutte d’huile de coude que vous avez investi.

Photo mise à disposition par Retraite pour Chevaux en Normandie

 

2 Responses to Aider son cheval à bien vieillir….

  1. Bonjour.Depuis quelques mois j’ai fait l’acquisition du cheval de manège que je montais depuis 11 ans. Il a 23 ans et montrait des signes de boiteries.Je l’ai mis en pension prairie où il coach 4 petits poulains (étalons) d’un an.Tout se passe à merveille.Il panique dès qu’il n’est plus près de ses poulains.Je le sors de la prairie afin de lui donner quelques soins :pansage, carottes, mash parfois (il doit prendre du poids ± 150 kg, qu’il a perdu au manège en ne travaillant plus (ration diminuée)). J’aimerais savoir s’il est conseillé que je le monte (boiterie ok) au pas dans le domaine, ou un peu de travail en piste ? C’était un tout bon cheval de dressage. Il aimait travailler. Ou dois-je le laisser tranquille, sachant que c’est la panique totale dès qu’il n’est plus en compagnie des petits. Merci pour vos bons conseils.

  2. Peut-être pourriez-vous le promener pas trop loin de son près, voir même ne pas monter dessus et l’emmener balader en longe. Cela est très bon pour leur moral. Personnellement c’est ce que je fais à ma jument de 30, comme à celle de 6 ans ce qui leur fais garder une joie de vivre et un moral d’acier.

    Vous pourriez même penser à trouver quelqu’un pour balader un des petits étalons avec lui.

    Bref, je vous souhaite une bonne continuation.

Click on a tab to select how you'd like to leave your comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *