Aides du cavalier

Disons maintenant comment doit se conduire le cavalier, pour agir d’accord avec son cheval, dans l’exécution de tout ce que nous venons d’expliquer. Au partir de la main, il faut se pencher en avant ; par ce moyen, le cheval pourra moins se dérober et renverser son homme. Dans l’arrêt court, il faudra porter le corps en arrière ; on diminuera ainsi l’effet de la secousse.

Se pencher en avant dans les transitions montantes et à l’arrière dans les transitions descendantes, c’est encore un bon conseil à suivre.

Quand on saute les fossés, ou qu’on monte avec vitesse, il est bon de saisir la crinière, pour ne pas ajouter la gène du mors à la fatigue de l’action. Dans les descentes, au contraire, on penchera le corps en arrière, soutenant le cheval de la main, de peur qu’il ne s’abatte. Il n’est pas mal non plus de changer le lieu du travail et de varier la durée des reprises, en les faisant tantôt courtes, tantôt plus longues ; le cheval s’ennuiera moins que si on le faisait travailler toujours eu même endroit et de la même manière.

Là, Xenophon indique bien qu’il faut prendre soin de la bouche de son cheval, et ne pas le gêner, donc se tenir à la crinière et non aux rênes dans les sauts. Par contre il dit de tenir son cheval dans les descentes pour ne pas qu’il se couche. Attention : il ne parle pas d’une action constante (impossible vu les mors de l’époque), mais il s’agit de redresser le cheval. Enfin, il conseille d’éviter d’ennuyer un cheval en lui demandant toujours la même chose.

Comme il faut savoir, dans quelque terrain que ce soit, courir à toute bride, et manier ses armes, en gardant une assiette ferme, on ne peut qu’approuver l’exercice de la chasse, dans les lieux qui y sont propres, et où se trouvent des bêtes fauves. Mais dans un pays où l’on ne peut chasser, un exercice fort utile, c’est que deux cavaliers courent l’un après l’autre à travers champs, et franchissent toute sorte d’obstacles, l’un fuyant, le fer de sa pique tourné en arrière, et cherchant à éviter l’autre, qui le poursuit avec des javelots boutonnés et une lance également terminée par un bouton : puis, celui-ci joignant le premier à portée du trait, le darde avec ses fleurets ; à portée de la pique, le frappe : si l’on en vient corps à corps, on tire à soi son adversaire, et on le repousse tout d’un coup ; cela est fort propre à désarçonner ; mais celui qui se sent tiré, qu’il se serre sur l’autre, cheval contre cheval, ce sera lui qui l’abattra bien plus qu’il ne tombera.

Le but de l’équitation est la guerre, il est donc important de savoir tenir à cheval quoi qu’il arrive. Xénophon invite donc deux cavaliers à se pourchasser avec le but de se mettre par terre pour améliorer l’assiette.

Lorsqu’on escarmouche devant un camp, poursuivant son adversaire jusqu’à la ligne ennemie et fuyant jusqu’à la sienne, là il est bon de savoir que tant qu’on est près des siens le meilleur et le plus sûr est, d’abord en se retournant, de lancer son cheval et de presser l’ennemi ; arrivé près de la ligne ennemie, on ralentira son allure. C’est ainsi que l’on profitera de tous ses avantages et qu’on pourra faire à l’ennemi tout le mal possible, avec le moins de risques pour soi.

Là, ce ne sont que des techniques de guerre…

En un mot, l’homme instruit l’homme, au moyen de la parole que les dieux lui ont donné : mais on ne peut avec la parole rien apprendre à un cheval ; c’est en le récompensant lorsqu’il a fait à votre volonté, en le punissant lorsqu’il y a manque, que vous lui ferez comprendre ce qu’on exige de lui. C’est là la règle générale et le résumé, pour ainsi dire, de tout l’art de l’équitation. Par exemple, il recevra le mors volontiers si après qu’il l’a reçu on lui fait quelque bien dont il se souvienne, et de même il sautera ou fera telle autre chose qu’on lui demandera s’il s’attend à obtenir en obéissant la cessation de quelque peine.

La base du principe confort/inconfort est déjà là : on récompense le cheval si c’est bien, et on le « puni » quand c’est mal. On peut d’ailleurs noter qu’il conseille la fin des aides comme récompense.

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