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Déclin dramatique des effectifs et conséquences

Article du dossier Trait Mulassier Poitevin

01. régression des effectifs

La demande de mules était très forte au 19ème siècle et l’industrie muletière fleurissante.

Alors qu’en 1850 on recense plus de 50 000 juments mulassières, la première guerre mondiale a décimé la population et en 1922, les poulains sont peu nombreux car peu prisés.

En 1933, le déclin est très fort : seulement 50 étalons sont inscrits et 600 juments mulassières en activité.

Actuellement, c’est la race de trait la plus menacée en France. Alors qu’elle a longtemps fait la richesse de toute une région, elle est réduite à une poignée de sujets. Depuis 1970, le cheptel tourne autour de 200 à 300 individus, ce qui pose de sérieux problèmes.

En 1997, seulement 293 chevaux sont inscrits au stud-book !

02. causes de la régression

Cette régression a de multiples origines, notamment :

– l’apparition du chemin de fer et de la vapeur, qui limitent l’utilisation des mules

– la lenteur de croissance du mulassier, qui ne le rend pas « intéressant » pour la boucherie

– la spécialisation des exploitations agricoles sur une seule production, dans laquelle l’élevage amateur des chevaux n’a plus sa place

03. conséquences génétiques de cette régression

La gestion d’une population (race) donnée, est basée sur la variabilité génétique des individus. Celle-ci permet l’amélioration de la race, en croisant des individus qui vont compenser leurs défauts par les qualités de l’autre (ex : une jument au dos long sera mise avec un étalon au dos court).

Sur une petite population, il est très difficile de maintenir cette variabilité :

Le passage d’une génération à une autre entraîne une sélection des gènes, qui seront copiés sur les générations suivantes. Les gènes non copiés (1/2 car chaque parent ne peut transmettre que la moitié de ses gènes) disparaissent.

Comme le nombre de géniteurs mâles est faible, un obtient une fréquence élevée de certains allèles et la disparition d’autres : c’est la consanguinité.

Pour l’évaluer, il est possible de calculer un coefficient de consanguinité : c’est la probabilité de trouver deux gènes identiques au même locus chez un individu.

Ces conséquences sont visibles principalement à deux niveaux :

– les performances de reproduction baissent (en 1990, sur 76 juments saillies, seulement 39 poulains voient le jour)

– des allèles intéressants de certains gènes sont perdus => les possibilités d’évolution et de modification de l’espèce sont réduites

La gestion des petites populations doit empêcher une trop forte augmentation de ce taux de consanguinité !

Actuellement, certains individus ont un taux de consanguinité de plus de 20% !!!!

(comme si un frère et une sœur avaient un poulain ensemble)

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