Les Chevaliers

Les Chevaliers

lundi 31 mai 2010, par Lujayne


On parle souvent des chevaliers en rêvant de combat à la lance, de chevaux nerveux et courageux, de gentes dames attendant au balcon..... La réalité est toutefois légèrement différente.

I. Les chevaux au Moyen-Age

Tout le monde ne se promenait pas à cheval au Moyen-Age. En effet, un cheval coûte très cher, que ce soit à l’achat (l’équivalent de 20 boeufs !!) ou à l’entretien (il faut du foin, un palefrenier, un entraîneur....).

Seuls les gens riches possédaient donc des chevaux, dans des écuries entretenues par de nombreuses personnes. Un cheval valant donc cher, le principal des armées était constitué de piétons.

On distingue cependant différents types de chevaux.

- A) Destrier

Il s’agit du cheval de guerre. Celui-ci est de type robuste, pas très rapide (contrairement à l’image qu’on en donne) mais valeureux, endurant, et capable de porter son chevalier (l’armure était très lourde et les chocs violents). Il ressemblait à nos actuels gros poneys (Mérens, Haflingers...).

Ces chevaux subissaient un long entraînement. En effet, ils devaient être endurants, et surtout bien dressés : les chevaliers ne pouvaient les conduire qu’avec une main, l’autre tenant leur arme.

- B) Palefroi

Il s’agit du cheval de parade. La mode était aux chevaux espagnols, plus fins et plus grands que les destriers (mais pas autant que les ibériques aujourd’hui). Il s’agissait de chevaux fiers et bien dressés, mais nerveux.

Leur harnachement et leur beauté devaient impressionner les passants et les serfs. Le chevalier prenait donc très soin de son palefroi (et ne le montait que légèrement vêtu comparé au destrier).

-  C) Roussin

Il s’agissait d’un cheval destiné au transport du chevalier. Il n’était pas spécialement « beau » mais pouvait parcourir de longues distances en peu de temps sans se fatiguer.

C’était donc une bête calme, endurante et frugale car les voyages n’étaient pas toujours « grand luxe ».

- D) Sommier

C’est le cheval qui portait tout l’équipement, suivant le roussin dans les déplacements du chevalier. Celui-ci était calme, placide et endurant, plus petit et plus robuste que le roussin.

- E) Haquenée

Quasiment uniquement des juments. Elles étaient dressées pour les dames qui montaient à califourchon pendant quasiment tout le Moyen-Age (la monte en amazone vint ensuite).

Pour être plus confortables ces juments, petites et fines, trottaient l’amble. En effet, à cette époque, beaucoup de chevaux avaient 4 ou 5 allures, mais la sélection des types pour former des races se fit au détriment des allures et les ambleurs disparurent presque entièrement d’Europe.

-  F) Coursier

Il s’agit du cheval des écuyers, qui devaient suivre leur chevalier partout, et parfois faire des aller-retour entre différents points pour aider ce dernier. Ils montaient donc de petits chevaux fins et rapides, très bons en vitesse sur petite distance (par exemple pour porter un ordre depuis une tente de guerre jusqu’aux chevaliers).

II. Le harnachement du cheval

Le harnachement varia beaucoup au cours du Moyen-Age en fonction de l’avancée technologique des armes.

Les premières « armures » étaient faites de feutre épais. Elles protégeaient des principaux coups légers portés au cheval, mais n’étaient souvent pas assez épaisses pour éviter un coup fatal. Cependant elles étaient légères.

Les « armures » en fer articulé furent utilisés pendant environ un siècle sur les champs de bataille. Elles étaient plus protectrices, plus couvrantes. Cependant elles étaient très lourdes et les chevaux perdaient beaucoup en maniabilité dans les manœuvres de guerre.

3 armures différentes

Par ordre chronologique :

Au centre : « l’armure » de feutre
A droite : l’armure de fer, peu articulée
A gauche : l’armure de fer articulée

Les combats au corps à corps furent ensuite remplacés par les charges avec l’invention de l’étrier qui permettait de mieux tenir en selle et d’avoir plus de puissance.

L’armure correspondante fut une sorte de collier rembourré, aux couleurs de son chevalier, qui permettait d’éviter les coups de face lors des charges (donnés par les lances).

La selle était très creuse et ressemblait à certaines selles de Doma Vaquera actuelles.

III. L’équipement du chevalier

L’équipement aussi varia beaucoup. Tout d’abord le chevalier fut équipé d’un heaume (casque) avec une cotte de maille (de 10 à 14 kg !!), d’une arme (type épée mais plus longue qu’une épée classique) et d’un bouclier en pointe. Ce dernier permettait de protéger le haut du corps et la jambe du cavalier du côté de l’attaque.

Les armes (et les flèches) devinrent plus puissantes et transperçaient alors les cottes de maille. C’est alors l’époque du chevalier en armure complète, en fer articulé, très lourde.

Cependant ces « boîtes de conserves » avaient des défauts (notamment des « trous » sous les bras, entre les jambes...) qui permettaient à un bon cavalier de passer à travers avec un bon coup de lance. Ces armures furent donc progressivement abandonnées et seulement ressorties dans certaines cérémonies officielles ou dans les tournois.

Les armes étaient très variées, et en général toutes dérivées d’outils agricoles.

Exemple de choix d’armes

Les chevaliers, après l’époque du combat à l’épée, préférèrent la lance, qui les gardait à distance de leur ennemi et permettait de désarçonner leur adversaire. Ils adoptèrent donc une position pas très « académique » : pieds bien enfoncés dans les étriers, jambes en avant, bien calés dans une selle creuse, et la lance coincée sous le bras, tenue à droite pour frapper à gauche et inversement.

Dans cette position le chevalier était beaucoup mieux calé et pouvait résister à des charges puissantes tout en ayant le plus de contrôle possible de sa propre lance.

Une fois le chevalier à terre, il devait se battre avec son épée (qui ne le quittait pas et qui était attachée à sa ceinture) contre les troupes adverses « piétonnes ».

Les lanciers étaient aussi envoyés contre les troupes terrestres pour faire peur. En effet, une ligne de chevaliers fondant au galop sur vous avec les lances en avant, en criant et avec des boucliers entre chaque cheval, c’est plutôt impressionnant pour un paysan (il n’y avait pas d’armée « de métiers » à part quelques mercenaires).






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