La tenue

Cette partie ne concerne plus l’équitation, mais la tenue du combattant. Aussi je ne ferais que citer le texte de Xénophon, sans commentaire. C’est aussi la fin du livre “De l’équitation”.

Nous croyons devoir marquer aussi comment il faut être armé pour faire la guerre à cheval. D’abord nous dirons que la cuirasse doit être faite à la taille : quand elle joint bien, c’est tout le corps qui la porte ; mais lorsqu’elle est trop large, les épaules seules en sont chargées ; trop étroites, c’est une prison, non pas une défense. Et comme les blessures du col sont dangereuses, nous dirons qu’il faut le défendre au moyen d’une pièce tenante à la cuirasse et de même forme que le cal ; car, outre l’ornement qui en résultera, cette pièce, si elle est bien faite, couvrira quand on voudra le visage jusqu’au nez. Le casque de Boeotie nous paraît le meilleur ; car, s’unissant au collet, il couvre tout ce qui est au-dessus de la cuirasse, et n’empêche point de voir.

Que la cuirasse au reste soit faite de manière à n’empêcher ni de se baisser ni de s’asseoir. Pour couvrir le nombril, les parties naturelles et ce qui les avoisine, on aura des pennes en nombre et en grandeur suffisante ; et attendu qu’une blessure au bras gauche met le cavalier hors de combat, nous approuvons fort la défense qu’on a inventée pour cette partie, et qu’on appelle brassard. Ce brassard couvre l’épaule, le bras, l’avant-bras et la main de la bride, s’étend et se plie à volonté, en même temps qu’il pare au défaut de la cuirasse sous l’aisselle. Soit pour lancer, soit pour frapper de près, il faut lever le bras droit : on ôtera donc de la cuirasse ce qui s’oppose à ce mouvement, et on le remplacera par des pennes à charnières, qui puissent s’ôter et se remettre, et qui, dans l’action de lever le bras, se déploieront, dans celle de le baisser, se serreront. Cette pièce, qui se met autour du bras comme une bottine, nous paraît mieux séparée… que fixée à la cuirasse. La partie qui demeure à nu quand on lève le bras droit doit être couverte près de la cuirasse avec du cuir de veau ou du cuivre ; autrement on serait sans défense dans l’endroit le plus dangereux.

Comme le cavalier court un péril extrême quand son cheval est tué sous lui, le cheval aussi doit être armé d’un chanfrein, d’un poitrail et de garde-flancs qui en même temps serviront de garde-cuisses au cavalier; mais surtout que le ventre du cheval soit couvert avec le plus grand soin, car cette partie, où les blessures sont le plus à craindre, est, outre cela, une des plus faibles. On peut le couvrir avec la housse même. Il faudra que le siège soit construit de manière à donner au cavalier une assiette plus ferme, sans blesser le dos du cheval.

Ainsi doivent être armées ces parties du corps de l’homme et du cheval ; mais les garde-cuisses ne couvriront ni le pied ni la jambe de l’homme, qui seront bien défendus si l’on a des bottes du même cuir dont se font les semelles. Ces bottes servent en même temps de défense à la jambe et de chaussure.

Pour se garantir des coups, avec l’aide des dieux, voilà les armes qu’il faut ; mais pour frapper l’ennemi, nous préférons le sabre à l’épée ; car dans la position élevée du cavalier, le coups d’espadon vaudra mieux que le coup d’épée. La pique longue étant faible et embarrassante, nous approuvons davantage les deux javelots de cornouiller : on peut, sachant manier cette arme, en lancer d’abord un, et se servir de l’autre en avant, de côté et en arrière ; ils sont en un mot plus forts et plus maniables que la pique. Darder du plus loin qu’on pourra, ce sera le mieux à notre avis : car ainsi, on a plus de temps pour se retourner et saisir le second javelot.

Nous marquerons ici en peu de mots la meilleure manière de darder. En avançant la gauche, effaçant la droite et s’élevant des cuisses, si on lâche le fera de manière que la pointe soit un peut tournée en haut, le coup partir avec plus de violence, portera le plus loin possible, et le plus juste aussi, pourvu qu’en lâchant le fer on ait soin que la pointe regarde toujours droit au but. Tout ceci soit dit pour l’instruction et l’exercice du simple cavalier. Quant au colonel, ce qu’il devrait et savoir et pratiquer a été expliqué dans un autre discours.

 

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