le Comportement du Cheval

le Comportement du Cheval

samedi 29 mai 2010, par Eurêka, Happy, Lujayne, Peter


... ou mieux savoir le pourquoi du comment.

Vous pensez à votre cheval comme à un membre de votre famille, une sorte de grand enfant aux quatre pieds ? Vous n’êtes pas le seul.

Les chevaux réveillent chez beaucoup d’entre nous le protecteur, le soigneur. Les caresser, les laver, les brosser, leur donner des bonbons... Ils sont même sur nos photos de famille. Nous construisons pour eux des abris confortables, réfléchissons aux couleurs de leurs affaires et nous les couvrons quand il fait froid. Bref, nous faisons tout cela pour que de leur côté ils nous aiment et ne nous fassent jamais de mal.

En réalité, notre copain cheval pèse 400 kg de plus que nous et un coup de pied bien placé peut être fatal. En les traitant comme des enfants ou des humains, on perd très vite de vue les dangers et l’incontournable fait que : C’est un cheval !

Ca veut dire qu’il est programmé pour se comporter et réagir comme un cheval, pas comme un humain. Si vous oubliez cette simple réalité, vous pourriez vous retrouver du côté des vaincus dans une guerre entre deux mondes différents. C’est souvent la source de conflits et de déceptions pendant l’entraînement. Pour mieux comprendre, il faut connaître les cinq différences fondamentales entre votre monde et celui du cheval. Elles sont : la hiérarchie sociale, la vision, le logement, la réaction en cas de danger et le comportement pendant qu’il se nourrit. Point par point vous allez lire comment votre cheval est programmé génétiquement, et en conséquence, vous apprendrez à comprendre comment désamorcer un conflit éventuel. Comprenant les « fonctions » de votre compagnon, il sera plus facile de prévoir ses réactions (et les empêcher) et de diminuer le risque d’une maltraitance physique ou psychique.

Différence n°1 : la hiérarchie sociale

Le monde de votre cheval :

C’est un animal qui vit en troupeau. Pour y survivre, la hiérarchie sociale est très importante. La communauté du troupeau fixe le « grade », ce sont eux qui décident qui mange quoi et quand. Les chevaux dominants ont toujours le premier service, qu’il s’agisse de l’eau ou même de la place pour faire la sieste. Un peu comparable à une armée humaine, le grade inférieur n’a pas le droit d’entrer dans le rayon du dominant sans permission. En cas contraire, la réponse est une attaque agressive. Parce qu’il est très utile d’être gradé, beaucoup d’entre eux n’arrêtent pas de « tester » leur supérieur, pour arriver un jour à prendre sa place dans le troupeau. C’est exactement le même instinct qui dirige le cheval domestiqué. Si la dominance et la soumission ne sont pas encore réglées, il est carrément possible qu’un coup de pied, une morsure ou une autre attaque soit lancée pour établir la position. Dès que la position est fixée, il suffit d’un regard, les oreilles baissées, un mouvement expressif de la tête ou encore la menace d’un coup de pied pour arrêter tous les essais de rentrer dans le rayon interdit.

Le monde humain :

Dans la plupart des cas, c’est un autre animal à quatre pattes, avec qui nous avons des relations « entre copains » : le chien. Mais .... Fido est un animal de meute, subordonné au chien Alpha ou au leader de la meute. Dans les yeux de Fido, c’est nous. Le chien, quand il remue la queue ou nous touche gentiment avec son nez, nous signale son affection et sa soumission. Les mêmes mouvements chez le cheval peuvent aussi provoquer en nous le sentiment d’être aimé comme le montre notre chien. Voilà le point où vous commencez à vous comporter de manière incorrecte dans votre relation avec votre dadou.

Les possibilités d’un conflit :

Le p’tit coup de nez de votre chien est signe de soumission... fait par votre cheval, c’est un non-respect de votre rayon et veut dire qu’il n’est pas d’accord que vous soyez le patron du troupeau. Il est possible que vous voyiez votre cheval comme un humain à poils, mais pour le cheval vous n’êtes qu’un membre du troupeau. De son point de vue vous êtes soit de grade supérieur, soit de grade inférieur à lui. Au cas où il n’accepte pas d’être plus bas que vous dans la hiérarchie de votre troupeau à deux pattes, il vous traite comme un dominé avec toutes les conséquences, qui peuvent être dangereuses. Alors il mord, donne des coups de pied, attaque, pousse, marche sur ou devant vous ou vous montre les dents, baisse les oreilles à n’importe quel moment, peu importe si vous lui donnez à manger ou si vous le brossez ou sellez. Il résiste à toutes vos demandes.

Empêcher le conflit :

Pour votre cheval, vous êtes un cheval aussi, alors il faut faire pareil que lui......... il rentre dans votre rayon ? Vous l’en faites sortir, vous poussez la partie de son corps qui est entrée chez vous dehors (attention vous n’avez que 3 secondes pour réagir, autrement votre cheval ne voit pas le lien). Votre réaction dépend de son attaque, il vous pousse gentiment, vous faites pareil, mais si l’attaque est plus forte, vous pouvez carrément donner une bonne claque sur l’encolure, avec un fort signal vocal (exemple : NON !!), comme lui le ferait. Ce n’est pas cruel mais c’est le langage utilisé entre chevaux. Si, à l’heure du repas, votre cheval vous accueille avec les oreilles baissées, ne lui donnez rien. Lui donner serait récompenser son mauvais comportement. En conséquence, il faut attendre d’être accueilli gentiment, avec les oreilles bien droites.

Différence n°2 : la vision

Le monde du cheval :

Le cheval est monoculaire, ce qui veut dire que ses yeux travaillent indépendamment. Ils envoient des images d’endroits différents au cerveau, toujours à la recherche du méchant féroce. Seulement quand il regarde un objet avec les deux yeux, son cerveau reçoit une image isolée. Sa capacité à voir de loin est excellente... étant un animal fait pour vivre dans de grands espaces, c’est normal. Les objets grands et proches de lui sont plutôt vagues pour lui, il est obligé de bouger la tête pour les voir, mais ça lui donne aussi l’impression que l’objet bouge. La rétine est aussi très large et agrandit les objets de 50% comparé à la taille réelle. Les rétines sont aussi les responsables du fait que des petits mouvements deviennent g-r-a-n-d-s. La vision du cheval, combinée avec l’impossibilité de voir clair tout de suite, l’empêche de prendre des décisions « logiques ». A la place, le cerveau reçoit un cri d’alarme de danger, qui provoque une réaction immédiate et instinctive : mettre de la distance entre lui et le danger.

voir aussi la Vision du Cheval

Le monde humain :

Il n’est certes pas nécessaire de vous expliquer pourquoi vous voyez comme vous voyez, les humains ont la vue et la capacité de voir ce qui est très proche et de découvrir les objets instantanément pour les classer.

Voilà la source d’un conflit avec votre cheval :

La vue complexe et votre possibilité de penser « logiquement », vous permettent de reconnaître un objet sans danger comme inoffensif. La vision du cheval peut laisser apparaître le même objet comme un danger mortel. C’est pour cette raison qu’en voyant une bâche plastique, qui nous laisse plutôt penser aux poubelles, elle devient un lion pour votre cheval. En plus, comme il voit beaucoup plus loin que vous, il a vu ce « monstrequimangeducheval » bien avant vous. Programmé pour rester à l’écart et pour fuir, voir ce monstre de loin et vérifier s’il y avait danger, sa réaction peut être dangereuse pour vous. De votre côté vous prenez peur aussi et le calme revenu il reste quand même quelques doutes.

Comment empêcher le conflit :

Restez attentif, attachez-le seulement avec des noeuds faciles à ouvrir, afin d’empêcher des blessures pour tous les deux, au cas où il paniquerait. Restez en dehors de son chemin de fuite éventuel, et si vous faites ses pieds, ne vous mettez jamais à genou, pour être capable de quitter la zone de danger au plus vite. Si vous faites une balade, soyez attentif à l’environnement, tout en gardant l’attention de votre monture sur vous. Plus votre cheval fixe son attention sur vous, moins il peut voir des choses « terribles ».

Différence n°3 : Le logement

Le monde du cheval :

Né pour vivre dans les grands espaces, c’est avec une vue sur l’horizon que le cheval se sent le mieux, quand il est capable de voir tous les dangers en utilisant sa vue d’une portée exceptionnelle. Ce mode de vie lui permet de fuir en cas de danger sans que des obstacles lui barrent le chemin de fuite. En plus, n’ayant pas de sentiment de propriété personnelle, s’il lui reste de l’herbe à brouter, ça lui va bien. Mais si son espace est clôturé, il va le protéger.

Votre monde :

Vivant dans une maison ou un appartement, quatre murs et un toit vous donnent c-o-n-f-o-r-t et sécurité. Vous êtes aussi programmé pour être sédentaire, vous protégez votre bien avec des clôtures ou des obstacles naturels... pas seulement pour montrer « c’est à moi » , mais aussi parce que les barrières physiques protègent des dangers extérieurs.

En conséquence, vous avez tendance à donner la même protection à votre cheval. Ecuries, boxes, clôtures, bref les même structures qui permettent de fixer et de protéger votre bien....... Carrément à l’encontre de la nature de votre cheval et de ses capacités visuelles. Les petits espaces, étroits, lui réduisent l’angle visuel en plus de le forcer à vivre seul (lui qui est né pour vivre en troupeau). Mais la chose la plus importante, vous le privez carrément de son instrument primordial de survie.... la fuite !

Vu que vous le forcez à vivre carrément de manière opposée à tout ce que ses gènes lui disent, vous ne comprenez pas comment il est possible qu’en cas de panique il se puisse qu’il se tourne contre vous, ou qu’il courre presque aveuglément contre des obstacles qui se trouvent dans son chemin de fuite. Comment s’en sortir ? Soyez toujours vigilant, enlevez les objets dangereux, construisez-lui un espace de vie lumineux, ne l’enfermez pas dans un boxe trop petit, agissez de manière qu’il puisse voir ses confrères et consoeurs et laissez-le sortir pour lui donner la possibilité de « surveiller l’horizon ». Si possible, donnez-lui un copain, c’est la moindre des choses pour lui laisser goûter un peu à sa vie naturelle.

Différence n°4 : la réaction en cas de danger

La base de la programmation génétique de votre cheval en matière de survie : prendre la fuite devant un ennemi qui a en tête de le manger. Dans le langage des proies, la réponse de votre cheval est la fuite. Si possible il va sauter et s’orienter dans la direction qui lui semble juste... à l’opposé du danger... pour mettre la distance de sécurité entre lui et son agresseur et arriver à un point où il peut le surveiller de loin. C’est le « sauter et partir » de son comportement qui est gênant. Vous pouvez apprendre à gérer sa conduite et à reprendre le contrôle après, mais vous ne pourrez jamais l’empêcher totalement de réagir ainsi.

Vous, l’être humain, réagissez plutôt dans le sens inverse. Votre perception et votre logique vous permettent de faire face au danger pour ensuite prendre la décision de fuir ou d’agir. Il est possible que vous vous tourniez vers un bruit ou un mouvement suspect, mais votre cheval essaie de s’éloigner. Vous pouvez réagir logiquement, mais pas votre monture. Le résultat est souvent un écart (la programmation génétique sauter et partir) plus ou moins grand et vous vous retrouvez parterre sans savoir pourquoi. Si au moment où les gènes de votre cheval lui disent de fuir, celui-ci est attaché ou empêché d’une manière ou d’une autre de réagir « comme un cheval », il va chercher à se défendre avec tous les moyens qui lui sont accessibles. Il va taper sur l’objet du danger avec les pieds ou, dans son effort de fuir le danger, va se battre aveuglément contre tous les obstacles qui se trouvent par hasard autour de lui, même alors contre vous. Il devient même insensible aux douleurs et blessures qu’il se fait en se battant. C’est la raison pour laquelle on peut voir des images terribles de chevaux qui se sont blessés mortellement en se battant avec du barbelé...... ou autre... Pour vous cela veut dire qu’il faut rester en dehors de son chemin de fuite (1,5m devant les antérieurs et à 2,5m des postérieurs). Ne tombez pas dans le piège du « j’ai une confiance aveugle en mon cheval »... Une expression dit : « ce sont les bons chevaux qui vont te blesser ». N’oubliez pas de signaler à votre cheval votre approche par derrière et n’oubliez pas qu’un cheval qui fait sa sieste peut s’effrayer, alors faites votre possible pour capter l’attention du cheval, à tous moments, à pied ou monté. D’avoir son attention a aussi sa réciproque, soyez vous aussi attentif et réagissez comme un cheval, cherchez les sources d’un danger éventuel. Ne vous approchez pas d’un cheval qui panique, essayez de le calmer et de le sécuriser, la possibilité de pouvoir très vite défaire une attache peut aider à le calmer et diminue le danger de se retrouver avec des blessures, pour vous comme pour lui. Désensibilisez votre cheval contre tous les « dangers » quotidiens, mettez-le à l’aise dans sa vie de tous les jours. Vous allez aider votre compagnon à contrôler sa peur et alors diminuer le risque de se blesser lui ou quelqu’un d’innocent.

Différence n°5 : le comportement du cheval pendant les repas

La principale motivation d’un cheval et de brouter pour se nourrir, mais elle passe très vite en secondaire face à des considérations comme la sécurité et les relations sociales. La nourriture provoque aussi un comportement agressif et établit la hiérarchie sociale entre les membres du troupeau. En approchant la nourriture, le dominant met ’ à sa place ’ le dominé . Ce n’est pas l’aliment qui est la source de ce comportement, ça n’en est que le déclencheur. Dans notre monde, la nourriture ne prend pas seulement la place de nécessité pour la survie, mais a une forte signification pour notre vie sociale et psychologique. Avec de la bonne nourriture on se sent bien et à l’aise. Nous nous servons aussi d’un bon repas pour impressionner notre entourage, et même pour récompenser ou fêter.

Voilà une autre source de troubles dans la vie d’un cheval. Vous aimez donner des bonbons à votre cheval mais si celui-ci se trouve en groupe, vous allez déclencher un comportement agressif, dirigé par le « grade » dominant/dominé.

Attention, ce comportement n’a rien à voir avec de la « jalousie », ce sentiment étant l’apanage de l’homme. C’est plutôt l’aspect de la bonne nourriture qui fait en sorte que le dominant cherche à mettre ses droits en valeur.

Le deuxième point peut être le fait d’utiliser la nourriture pour faire du bien à votre cheval. Mais là encore il ne faut pas tomber sous le charme de ses beaux yeux et donner au mauvais moment. Par exemple, vous lui avez donné un bonbon, votre cheval vous pousse avec le nez et vous lui en redonnez un autre. Voilà qui est faux, vous le récompensez, au lieu de le corriger. Une autre situation peut être que votre cheval ne veut pas rentrer dans un van. Vous prenez une poignée de grains pour le convaincre, c’est une faute aussi, le cheval va se dire : « aha , je n’ai pas fait ce qu’il voulait mais j’ai réussi à manger une bonne chose ».

Pour faire du bien à votre cheval, respectez son comportement naturel, ne lui donnez rien s’il se trouve en compagnie. Ca ne vous empêche pas de lui donner des bonbons ou des morceaux de carottes : prenez-le et éloignez-le du « troupeau ». Surtout faites en sorte qu’il puisse apprécier le petit extra en sécurité. Ne le récompensez pas quand il vous montre ses côtés dominants, attendez le moment où il se rappelle du comportement que vous lui avez enseigné pour vivre bien ensemble. Chacun à sa place !



2 Messages de forum

  • le Comportement du Cheval 23 juin 2010 00:56, par marie-line.maublanc@orange.fr

    Cet article est très intéressant car il remet bien les choses à leur place : un cheval n’est pas un humain et il est illusoire et peut même être dangereux de lui attribuer des sentiments humains.
    Cependant, je tique sur les fréquentes références à une supposée "programmation génétique", qui conduirait le cheval à se comporter comme ci, ou l’humain à se comporter comme ça. Des gènes, nous en avons tous au coeur de nos cellules et ils y jouent un rôle important. Mais du gène au comportement, comme par exemple la fuite devant un danger, il y a un monde ! La "preuve" : les jeunes animaux sont souvent assez "couillons" pour ne pas avoir peur, même de réels dangers, et c’est le comportement de leur mère qui leur enseigne ce qu’il faut fuir et ce qu’il n’y a pas lieu de craindre. Et même si certains comportements s’expriment dès la naissance, il ne faut pas oublier que la reproduction ne fabrique pas d’emblée un nouveau-né, mais un oeuf, qui 1) n’est pas constitué que de gènes et 2) va se développer dans un environnement (pour un mammifère, le ventre de sa mère) avec lequel il va déjà interagir. Par exemple, les nouveaux-nés qui ont grandi dans le ventre d’une mère à qui on a fait manger du cumin pendant qu’elle les portait, aiment le cumin dès la naissance sans qu’il y ait eu programmation génétique à aimer le cumin.
    Voilà, tout ça pour dire que les comportements ne sont pas génétiquement programmés, ce qui est assez logique, quand on pense que tout comportement s’exprime en relation avec quelque chose (une caractéristique de l’environnement, un congénère..) et que si toutes les relations susceptibles de se produire dans la vie d’un animal devaient être programmées (au cas où), ce ne serait plus un génome qu’il y aurait dans nos cellules, ce serait une usine à gaz !

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    • le Comportement du Cheval 2 janvier 2011 14:28, par mousss54@hotmail.fr

      bonjour,
      j’ai 2 hongres, un de 5 ans et un autre de 15. Celui de 15 ans est le dominant, je ne l’ai que depuis 6 mois l’autre de 5 ans depuis qu’il a 1 an. Celui de 15 ans n’est pas méchant ni vicieux avec moi, mais dès que j’approche la main pour le caresser il recule, tourne la tête ou plus souvent me met un coup de tête vers ma main. Que veut il dire ?

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