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Cheval d’Auvergne (l’Auvergnat)

L’histoire du cheval d’Auvergne diffère peu de celle de beaucoup d’autres races locales à l’avènement d’une ère moderne. La mécanisation et l’évolution des modes de vie ne justifiant plus leur emploi, nombres d’espèces furent vouées à disparaître. Il en va ainsi pour ce petit cheval, dont l’élevage, florissant jusqu’à l’aube du XX° siècle, n’a plus cessé de décroître… C’est probablement Charles Martel, qui, en repoussant les Sarrazins des plaines du Vouillé en 732, a permis l’implantation et la constitution de la race d’Auvergne. En effet, après leur défaite, les Sarrazins vont y abandonner une partie de leur cavalerie dont s’empareront les Barons du pays. Les départements de la Creuse, de la Haute-Vienne et de la Corrèze vont donc se peupler des descendants de ces petits chevaux orientaux pour former ce que les anciens hippologues nommaient la race limousine, fort estimée.

Il semblerait que ces chevaux constituent la souche d’une population qui va essaimer au cours des siècles suivants dans tout le Limousin et l’Auvergne. Des documents du XVII° siècle décrivent un petit cheval de type oriental, très rustique, assez proche du sang, « mieux que les Limousins et tous les autres chevaux d’Europe, gravissent les sommets les plus escarpés et courent sur les penchants des précipices » et qui, « élevés sur de maigres pâturages, sont faciles à nourrir et peuvent supporter de longues abstinences ».

Dès la fin du XVIII° et tout au long du XIX° siècle, l’engouement pour un cheval de type trait est de plus en plus flagrant, et les paysans vont s’attacher à produire un cheval de plus en plus étoffé, mais conservant ses aptitudes au travail et sa rusticité, de là vient ce petit cheval montagnard que l’on retrouve aujourd’hui. Elevé des siècles durant pour assurer les travaux de la ferme et le transport et sélectionné pour résister aux hivers rigoureux des hauteurs, l’Auvergnat est un petit cheval rustique et montagnard, très polyvalent, qui présente une constitution solide et un bon tempérament. La robe est bai clair, cerise, cuivré, foncé ou noir pangaré. Les extrémités noires sont bien marquées (pouvant remonter très haut sur les membres). Pas de marques blanches importantes, balzanes haut chaussées et listes exclues. Poils fins, crinière simple ou partagée, parfois double, légèrement ondulée, queue très fournie, fanons abondants. Taille au garrot entre 145 et 155 cm.

Créée en 1997 pour sauver cette race en voie de disparition, l’Association pour la Sauvegarde et la Relance du cheval d’Auvergne regroupe éleveurs, utilisateurs et amis du cheval d’Auvergne et oeuvre en faveur de sa réimplantation dans le Massif Central et sa reconnaissance officielle.

Photos de Muriel Ronez

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